Épisode 6 – Iran : de Bazargan à Téhéranj
1968 - Mon périple vers l'Orient
Épisode 6
En Iran, de Bazargan à Téhéran
Jeudi 18 juillet
Découverte de l'Iran
Après ce passage de frontière mouvementé et une nuit finalement correcte malgré l’inconfort, nous repartons dès le réveil. Nous faisons halte dans un petit bled sympathique que je trouve « marrant » — j’y prends de nombreuses photos.
Nous visitons un atelier de fabrication de tapis.
Nous arrivons à Tabriz dans la soirée.
Balade dans le Grand Bazar de Tabriz : l’un des plus beaux et des plus impressionnants bazars traditionnels du Moyen-Orient. Un véritable labyrinthe grouillant d’activité, rempli d’échoppes de toutes sortes.
Nous sommes frappés : toutes les femmes sont voilées.
Nous passons la nuit dans un petit hôtel.
Vendredi 19 juillet 1968
La fête dans la forêt
Le vendredi est jour férié en Iran.
Gino prend des risques en oubliant de régler sa nuitée d'hôtel !
Je pars en voiture avec Alain et Michèle, nous avons l'intention de partir pour Persépolis et Chiraz. L'Iran nous parait un pays plus intéressant que la Turquie. Nous nous baignons dans un lac qui pue la vache. Girt s'y plait en se baignant tout nu.
La Mercédès tombe en panne. Michèle pète son démarreur et Gino son frein à main ! Donc, trois voitures hors -service ...
Nous longeons une forêt dans laquelle nous remarquons un rassemblement, nous sommes accueillis royalement par des autochtones installés sur des tapis somptueux : danses thé, chants, fruits, mets divers… C'est vraiment très sympa et surprenant.
On s'installe dans un hôtel d'une petite bourgade pour la nuit et vers 3-4 heures du matin nous sommes réveillés par le passage de plein d'ânes qui font un boucan d'enfer.
Samedi 20 juillet 1968
Nous approchons de Téhéran
Nous approchons de Téhéran Après ce réveil matinal, nous faisons un tour au bazar. J’y achète un fume-cigarette en bois coloré et un gilet traditionnel, puis nous reprenons la route.
Dans un village, un gamin me demande par gestes ma religion. Naïvement, je fais un signe de croix… et reçois aussitôt une volée de pierres ! Un homme intervient, éloigne l’enfant et m’explique que nous sommes devant une école coranique !
La chaleur est écrasante. Nous tombons ensuite en panne d’essence — juste en face d’un leu de baignade improvisé !
Coup de chance. On en profite pour faire une pause, se baigner et rions comme des fous. Girt fait un plongeon spectaculaire, et Michèle se fait copieusement éclabousser.
Nous arrivons à Téhéran vers 18 h 30, les voitures poussées à la main ! Nous nous installons à l’hôtel Amir Kabir (« la mère Kabir »), pour 50 rials la nuit. L’hôtel Amir Kabir, dans le vieux centre de Téhéran près du Grand Bazar de Téhéran, est une véritable ruche de voyageurs en route vers l’Orient.
Alberto me prête les 50 rials.
Dimanche 21 juillet 1968
Téhéran, capitale de l’Iran
Il fait une chaleur écrasante, mais je dors tout de même assez bien.
Je vais à la poste : 62 rials de timbres ! Je prends un thé sans avoir de monnaie ; le tenancier refuse de me faire payer. À midi, nous sommes même invités à déjeuner.
L’après-midi, direction la piscine.
Petit calcul : nous avons parcouru environ 7 500 kilomètres depuis le départ. Nous sommes à près de 6 000 kilomètres de chez nous, en tenant compte du détour par Hanovre.
Nous continuons à explorer Téhéran, nous nous flânons dans Grand Bazaar, proche de notre hôtel. Le Grand Bazaar de Téhéran est un vaste marché couvert, situé au cœur de Téhéran, constitue depuis des siècles un centre névralgique du commerce, de la culture et de la vie sociale du pays, attirant aussi bien les habitants que les visiteurs étrangers.
On nous offre encore le thé. Les Iraniens sont décidément d’une grande générosité.
Nous apprécions beaucoup la compagnie de Girt, que nous trouvons « sensass ».
À Téhéran, passage obligé par les formalités sanitaires : vaccinations et certificat international de vaccination.
À cette époque, impossible de traverser certaines frontières sans ce fameux « carnet jaune » soigneusement tamponné.
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| Certificat international de vaccination délivré à Téhéran en juillet 1968 sous le régime impérial iranien. | |
Jo et Alberto nous proposent deux options :
- continuer jusqu’à Kaboul, avec une aide financière et un billet d’avion retour jusqu’à Istanbul
- ou passer en Irak en évitant la douane iranienne, grâce à un passeur qui nous ferait traverser l’Euphrate à Abadan, au bord du golfe Persique
Nous choisissons la deuxième solution.
Lundi 22 au jeudi 25 juillet
Quatre jours à Téhéran
Nous profitons de ces jours pour découvrir la ville.
Bien sûr, visite du Grand Bazar, où nous achetons chacun une magnifique veste en peau de mouton brodée. Proposée à 35 dollars, nous la négocions facilement à 25. J'achète aussi une belle toque en fourrure d'astrakan;
Nous nous promenons également dans les quartiers aisés de Téhéran, où nous rencontrons deux voyageurs français très sympathiques.
Nous sommes frappés par la forte présence militaire et policière. On nous explique la dictature du Shah Mohammad Reza Pahlavi et le rôle de la SAVAK. Cette politique creuse un fossé important entre une population occidentalisée et une autre, attachée aux traditions religieuses.
La répression est sévère, notamment en matière de drogue : même en parler peut entraîner des ennuis. Heureusement, cela ne nous concerne pas.
le bazar reste le cœur économique traditionnel de la ville, alors que le nord de Téhéran se modernise rapidement sous le Shah.
Le contraste était très fort : avenues modernes, hôtels internationaux, voitures américaines, mais aussi le quartier du bazar avec ses ruelles couvertes et animées, ses artisans, les odeurs de cuir et d’épices, les cafés populaires, le commerce oriental traditionnel et la foule grouillante.
Nous quittons Michèle et Alain, qui poursuivent leur route vers l’Afghanistan avec les voitures en compagnie de Jo et Alberto
Nous partirons le lendemain vers le sud et Abadan, grande ville portuaire proche du Golfe Persique.










