Texte à méditer :   "Voyager rend modeste. On voit mieux la place minuscule que l’on occupe dans le monde"   Gustave Flaubert
 
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Épisode 1 – De Sailly-lez-Lannoy à Munich

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1968 – Mon périple vers l’Orient

Épisode 1 – De Sailly-lez-Lannoy à Munich

Les premiers kilomètres – l’aventure commence
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Nous sommes en 1968. J’ai 18 ans, l’âge des départs spontanés et des rêves sans limites. Avec mon ami Guy-Noël, nous décidons de partir pour Istanbul… en auto-stop. Notre aventure dépassera largement notre projet ! 

Avec Guy-Noël, nous prenons la route en auto-stop. Les premières minutes sont pleines d’excitation. Le pouce levé, nous attendons… sans savoir encore jusqu’où cette route va nous mener.

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Frontière franco-belge – le premier geste, le pouce levé vers l’inconnu

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Vendredi 5 juillet
Sailly-les-Lannoy (F-Nord))-Marburg 'Hesse-RFA)

Nos sacs à dos sont prêts, appareil de photos 24X36 Agfa confié par ma chère maman, quelques rouleaux de pellicules, et chaussé de mes clarks...  Les parents de Gino nous déposent à la frontière belge sur la route de Tournai.

7 heures du matin, l'attente au bord de la route commence, pas trop longue. Un camion de 15 tonnes s'arrête et nous emmène jusque 10 kilomètres au-delà de Tournai... 

Quelques minutes plus tard, une Citroën ID break française s'arrête. Une maman accompagnée de sa fille qui est déjà allée en Turquie, heureuse coïncidence.

Puis, c'est une 2 CV qui s'arrête, lui aussi est déjà allé en Turquie, décidément ! On baisse de niveau : Camion 15 T, ID 19, 2 CV, où va-t-on arriver ?

Ensuite un camion Mercedes de vins et liqueurs jusque Mons puis une dizaine de kilomètres avec une petite bonne femme. Ce sera ensuite une Opel jusqu'à Charleroi suivie d'une 403 jusqu'à Liège pilotée par un vrai chauffard Italien. C'est là que je perds la carte d'Europe et mon carnet de voyage que je devrai recommencer !

Nous pratiquons le plus possible l'auto-stop dans les aires de service sur les autoroutes, traversons la Belgique et arrivons à la frontière allemande dans une petite camionnette qui a pris en route un ami. L'ami est un Américain, nous lui apprenons un rudiment de notre dialecte, c'est très amusant.

Après le passage de la frontière allemande, nous nous mettons quelque chose sous la dent, saucisse et bière. Le type nous dépose sur un échangeur et c'est la plus longue attente, en effet, les voitures filent à toute vitesse.

Au bout d'une heure et demie environ, une NSU TT s'arrête. C'est un jeune très sympa qui nous dépose à 20 heures 30 à l'Auberge de Jeunesse de Marburg (90 kilomètres de Francfort).

Arrivé là, on s'installe et écrit nos premières cartes postales. Ensuite nous allons dîner dans un petit troquet, devinez ce que l'on prend : saucisse, bock de bière et frites pour changer !

Nous rentrons à l'Auberge de Jeunesse  et allons-nous coucher à 22 heures, c'est extinction des feux, on va au lit où l'on n'arrive pas à dormir à cause de la chaleur et de l'odeur La nuit il fait un orage du diable et nous sommes réveillés très tôt. (Je gagne 2 marks dans une machine à sous!).

L’auto-stop, c’est aussi apprendre à attendre. Observer les voitures, deviner qui va s’arrêter, garder le moral… et profiter de chaque instant.

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Samedi 6 juillet
Depuis Marburg à Munich, les autoroutes allemandes

7 heures du matin, nous reprenons l'autostop, il pleut légèrement et on est pris assez vite  à Giessen, à une trentaine de kilomètres au sud de Marburg, nous y prenons notre petit-déjeuner et reprenons l'autostop pouce levé en face d'une caserne.

Au bout d'une demi-heure une Volkswagen s'arrête et nous prend. Il nous dépose sur l'échangeur de Frankfort où l'on rencontre la concurrence de nombreux autostoppeurs. Nous sommes cependant pris très rapidement jusqu'à l'embranchement de Karlsruhe par un type très amusant.

Sur cet échangeur, les flics ne veulent pas que l'on fasse de l'autostop ! Nous allons donc hors de l'autoroute à la sortie de la ville, le nombre d'autostoppeurs est assez impressionnant. C'est alors que Gino a une idée géniale, à une intersection il actionne le feu vert "Piétons" les voitures s'arrêtent mais ne nous prennent pas. Qu'à cela tienne, nous repartons vers l'autoroute, une voiture s'arrête pour prendre un autostoppeur Danois, on demande pour nous, c'est Ok et nous voilà reparti.

Nous faisons une centaine de kilomètres avec lui et il nous donne une bouteille de Coca-Cola et un vieux chapeau ! Mais, pas de pot , il nous dépose sur une bretelle pas très fréquentée avec par contre toujours la même affluence d'autostoppeurs.

Nous attendons, je crois, 3 ou 4 heures, on se marre bien et le temps passe. Enfin une bagnole s'arrête ! On est assez étonné et on monte en quatrième vitesse dans celle-ci qui nous emmène jusqu'à Munich. Le type est sympa, il nous offre des sandwichs et nous conduit jusqu'à l'Auberge de Jeunesse de Munich, très amusante, c'est une véritable Tour de Babel, on y parle toutes les langues et on y croise toutes les nationalités.

Ces premiers jours sont une découverte totale. Chaque kilomètre est une victoire, chaque rencontre une histoire.
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Fatigue et persévérance

La fatigue se fait sentir parfois, mais l’envie d’avancer est plus forte. Munich se rapproche peu à peu, sans que nous sachions encore tout ce que ce voyage nous réserve.

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5 et 6 juillet de Sailly-les-Lannoy à Munich
La route ne fait que commencer…

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Date de création : 23/04/2026 11:57
Catégorie : - Voyage 1968
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