Épisode 8 – de Bagdad à Istambul
1968 - Mon périple vers l'Orient
Épisode 8
de Bagdad à Istambul
Mardi 30 et mercredi 31 juillet 1968
De Bagdad aux lumières de Beyrouth
Nous ne nous attardons pas à Bagdad, compte tenu de l'ambiance générale après le coup d'état. Très vite, nous décidons de quitter l’Irak et de prendre le train en direction d’Amman, en Jordanie.
Ce train est absolument affolant. Les enfants dorment sous les banquettes, les voyageurs s’entassent partout comme ils peuvent. À côté de moi, une énorme bonne femme occupe la moitié de la banquette. Nous sommes serrés comme il n’est pas permis de l’être, et pourtant, à chaque arrêt, de nouveaux passagers parviennent encore à s’engouffrer dans les wagons.
Au milieu de la nuit, long arrêt à la frontière pour le passage de la douane. Nous y restons deux bonnes heures, peut-être même deux heures et demie. Fouille des bagages, contrôle des papiers, discussions interminables… Nous devons payer un visa de 17 lires.
Nous apprendrons plus tard que cet argent servait à financer les frais de guerre, conséquence du récent conflit israélo-arabe de la guerre des Six Jours.
Visa touristique jordanien — Royaume hachémite de Jordanie
Département des passeports ramtha, près de la frontière syrienne.
Réveil courbaturé après une nuit impossible. Heureusement, nous faisons la connaissance de sympathiques basketteurs avec lesquels nous discutons une bonne partie du trajet. Nous poursuivons notre traversée de l’Irak, de la Jordanie puis de la Syrie.
Nous prenons l'autocar jusqu'à Amman en Jordanie, nous y rencontrons un Français très sympa, ce qui fait toujours plaisir après tant de kilomètres.
Le trajet d’Amman à Damas semble interminable. Entre chaleur, contrôles militaires et autobus brinquebalants, nous traversons lentement les paysages arides du Proche-Orient.
Nous n'avons que le temps d'apercevoir rapidement Damas, on nous conseille alors de rejoindre Beyrouth en taxi, ce que nous faisons aussitôt. La route traverse une belle chaine de montagnes avant de plonger soudain vers Beyrouth et la Méditerranée.
Visa de transit de la République Arabe Syrienne
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Formulaire de la Direction de Sureté Générale de Jordanie
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Dans le même hôtel nous faisons la connaissance de deux officiers, aviateurs militaires égyptiens en permission, venus se reposer après leurs missions de guerre.
Beyrouth est une ville riche, élégante et très dépaysante. On y parle souvent français, les boutiques sont modernes et, surtout, on y trouve enfin des «Disque Bleu»… de vraies cigarettes brunes françaises ! Après toutes les cigarettes orientales fumées sur les routes, cela nous fait un bien fou.
Cette halte à Beyrouth nous permet enfin de récupérer un peu après ces interminables trajets à travers le Moyen-Orient.
Nous découvrons la place des Martyrs, véritable cœur de Beyrouth, grouillante de voitures américaines, de taxis et de passants venus de tout le Proche-Orient. L’ambiance y est à la fois orientale et étonnamment occidentale
Quelques années avant la guerre civile, Beyrouth était encore surnommée « la Suisse du Moyen-Orient »
Dimanche 1er et lundi 2 août 1968
La remontée de Beyrouth à Istamboul
Nous quittons Beyrouth et le Liban pour rejoindre Istanbul en autobus.
Encore une fois, il faut payer des visas obligatoires et coûteux ; à force, cela finit par ressembler à un véritable racket organisé pour les voyageurs traversant le Proche-Orient.
Les contrôles douaniers se succèdent : frontière libano-syrienne, puis nouvelle vérification des papiers un peu plus loin… Fouilles, tampons, formulaires, attentes interminables dans la chaleur.
Je ne me souviens plus très bien de la durée exacte du trajet. Les heures se mélangent désormais dans notre mémoire entre autobus brinquebalants, postes-frontières poussiéreux et nuits trop courtes.
Puis, enfin, Istanbul réapparaît.
Après toutes ces semaines passées sur les routes d’Orient, retrouver les rives du Bosphore nous donne l’impression de revenir presque en Europe. La ville nous semble à la fois familière et déjà lointaine, comme si notre départ appartenait à une autre époque.
Notre grand périple vers l’Est touche doucement à sa fin... Il nous restera tout de même le retour à la maison !
Visa de transit Syrien daté du 2 août
et ses timbres fiscaux |
Tampons de frontière syro-libanaise
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Samedi 3 au mercredi 7 août 1968
De retour à Istambul
Un peu de repos
Après notre interminable périple à travers l’Irak, la Jordanie, la Syrie et le Liban, nous retrouvons enfin Istanbul. Cette escale nous permet de souffler un peu avant la suite du voyage.
Nous nous installons au Köroğlu Tourist Hostel, dans le quartier de Sultanahmet, tout près de la Mosquée Bleue et de Sainte-Sophie. L’auberge est simple mais sympathique, fréquentée par des voyageurs venus du monde entier.
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| Carte et plan du Köroglu Tourist Hostel | |
Pendant quelques jours, nous prenons enfin le temps de visiter Istanbul plus tranquillement.
Nous découvrons notamment le palais de Topkapi qui domine le Bosphore et la Corne d’Or. Depuis ses terrasses, la vue sur la ville et les détroits est magnifique. Les cours intérieures, les coupoles, les mosaïques et les jardins donnent une impression de calme étonnante après les routes poussiéreuses du Moyen-Orient.
Nous passons aussi beaucoup de temps à flâner dans les vieux quartiers de Sultanahmet, au milieu des mosquées, des bazars, des vendeurs ambulants et des innombrables cafés.
Istanbul nous apparaît alors comme une ville unique, à cheval entre deux mondes, mélange fascinant d’Europe et d’Orient.
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